Nous terminons notre périple turc avec le désir de revenir. Nous avons beaucoup aimé le mois passé ici, que ce soit les rencontres, les routes ou les paysages. Certes, les petites routes sont globalement en mauvais état, les aboiements des nombreux chiens remplacent les coqs Laos, on ne trouve pas de camping, l’appel à la prière à 5h du mat n’est pas toujours bienvenu (surtout quand il y a plusieurs mosquées et que les muezzins ne chantent pas en même temps, qu’on a déjà été réveillé plusieurs fois par les coudes de Zacharie, par les aboiements des chiens précédemment cités, ou par divers bruits selon l’originalité des campements). Mais ce n’est pas grave, on s’est régalé, malgré toujours quelques difficultés (pour être soft…) avec un de nos fistons, mais c’est une autre histoire !

Une fois de plus, nous avons bien senti la différence entre les endroits touristiques (bords de mer) et les autres, bien que la saison touristique n’ait pas commencé. Les traversées des villages et les petites routes de campagne sont toujours un enchantement : visages incroyables des vieux (hommes) aux terrasses des maisons de thé, nombreux sourires ou gestes amicaux, routes pavées, scènes d’un autre temps avec de vieilles carrioles tirées par des chevaux ; on a croisé énormément de bergers qui venaient souvent nous voir sur nos campements, on a même vu un troupeau de buffles conduit par un chameau ! et un gars à cheval. Dans un petit village de montagne, Véro a été invitée à boire le thé par une femme (Selisik à Yolculuklar) pendant que les garçons le prenaient au café ; elle avait un dictionnaire turc/anglais qui a permis de « discuter » pendant une bonne heure. Parfois, de simples gestes et mimiques permettent de communiquer, comme avec ce vieux comique qui nous « disait » qu’on serait mieux en voiture avec nos gosses, des lunettes de soleil sur le nez et les vélos dans le coffre.

Nous avons également fait de chouettes rencontres dans des lieux improbables avec quelques situations surréalistes. Nous avons campé un soir devant des résidences secondaires plutôt bourgeoises, lorsque nous avons rencontré Alper qui avait mille questions à nous poser, et chez qui nous avons pu nous doucher (pas du luxe). Nous avons dormi dans un jardin public surpeuplé à Kesan où nous avons rencontré Ali, Meriem et Omar avec qui nous avons partagé des Lahmacun (sorte de pizza) et le fameux Ayran (yaourt discrètement salé dont les turcs raffolent).

A Uzunköprü, nous avons dormi dans une cour d’école après avoir été escorté par la police et fait déplacer une partie des « huiles » de la ville ; le soir venu, Melek, rencontrée au commissariat, est venue avec son mari et sa fille discuter avec nous et nous apporter de délicieux Gözelme (feuilletés au fromage), nous proposant une douche que nous avons refusée (erreur fatale), pensant trouver un camping le lendemain après 1 semaine de camping sauvage. On apprend la toilette de chat dans les WC, ou à la fontaine publique devant la gare !

Nous avons décidé de traverser les montagnes bulgares en train pour rejoindre l’Eurovélo 6 en Roumanie, les enfants commençant sérieusement à fatiguer. Nous avons attendu une journée à la frontière, le camping annoncé n’existant pas une fois de plus. Nous avons bu un verre de vin avec un couple d’anglais très sympa avant de déplier les duvets dans le hall de la gare pour attendre le train à 3h du mat. Le départ a encore été épique. Il a fallu rentrer les vélos dans un compartiment couchette (facile avec le tandem !), mais grâce à la gentillesse des employés et moyennant un petit pourboire côté bulgare (…), tout s’est bien passé.
A la frontière nous avons quand même trouvé un hôtel pour se reposer un peu, enfin se laver et laver quelques affaires qui commençaient à tenir un peu debout toutes seules. La douche, le shampooing et le savon ont quand même tenté un délit de fuite, mais à quatre pour les contenir, ils n’avaient aucune chance…..

Et voilà, ça sent vraiment le retour, mais on en a plein les yeux, les oreilles, les papilles et les narines, heureux de ce qu’on a vécu, heureux aussi de rentrer à la maison et de retrouver Gabriel. Mais il nous reste encore quelques 3000 km et de beaux moments en perspective…