Vientiane, capitale qui ne nous a pas vraiment séduits, même si on y a fait de belles rencontres, en particulier Karin et Michel de Belgique, et Pauline et Cédric qui nous ont gentiment proposé d’essayer leur tandem Pino (celui de devant est couché).
Le nombre de belles et grosses voitures est encore plus impressionnant que dans le reste du pays. D’après les dires des nombreux voyageurs qui sont déjà venus au Laos, le pays change à une vitesse astronomique avec l’argent du tourisme. Les chinois sont très présents, comme les Thaïlandais. Le Laos a d’ailleurs toujours subi l’influence de ses puissants voisins Vietnamiens, Thaïlandais et Chinois. A suivre…
Nous avons visité une expo sur différents appareillages et prothèses de membre dans un centre de rééducation ; les patients souffrent de malformations congénitales ou d’amputations suite à des accidents avec des engins explosifs. Le Laos a en effet été massivement bombardé par les américains pendant la guerre du Vietnam et le déminage n’est pas totalement terminé, bien qu’on ne voit pas partout des gens dramatiquement mutilés comme au Cambodge.
Nous avons surtout profité de ce temps pour prolonger notre visa Laotien et faire nos visas pour la Thaïlande. Nous avons en effet changé notre feuille de route initiale, pour plusieurs raisons, la principale étant les enfants. 1 an nomade à vélo avec des enfants (en tous les cas les nôtres) nécessite quelques adaptations et une certaine souplesse... Le prochain pays sera donc la Turquie via Bangkok et non la Chine, pour rejoindre ensuite l’Eurovélo6. Le plus important restant le regard que nous portons sur le chemin…
Nous avons continué notre route vers le nord, de plus en plus montagneux et de plus en plus beau.
Nous avons passé quelques jours à Vang Vieng, haut spot pour les touristes avides de bringues alcoolisées. La police est venue faire le ménage suite à de nombreux accidents mortels. Pas évident de savoir ce que les Laos pensent de tout ça ; ce qui est sûr, c’est que l’argent coule à flot dans ces lieux touristiques. Le Laos serait le pays d’Asie du SE ayant eu la plus forte croissance l’année dernière.
Voyager à vélo nous permet de voir autre chose, et de vivre des moments savoureux ! Comme les repas sur la route où l’on doit aller en cuisine montrer ce qu’on veut parce qu’il n’y a pas de menu ou qu’il est uniquement en Lao, ou prendre le plat unique. Sur le plan gustatif, tout est alors possible ! Ou encore une soirée karaoké avec que des mecs, volume sonore à fond comme toujours, et des chansons d’amour, comme toujours. On finit par connaitre les tubes du moment (tout le monde est sous le charme......).
Nous avons ceci dit passé de chouettes moments à Vang Vieng. Nous logions dans une auberge sympa tenue par un anglais qui a vécu en Nouvelle Zélande marié à une Lao, comme de nombreux occidentaux (des baroudeurs qui sont restés et qui se font parfois plumer par leur nouvelle compagne…). Nous avons fait une journée de kayak, avec visite d’une grotte dans de grosses bouées (tubbing) que les enfants ont adoré. Cerise sur la gâteau, TV 5 monde repassait « Les bronzés font du ski », surréaliste dans le hall de la Guest House !
Après Vang Vieng, nous avons continué vers le Nord en direction de Luang Phabang, pour finir dans la benne d’un petit camion Hyundai car un de nos fistons ne voulait plus avancer. Ceci dit il y avait ensuite 3 cols à passer ; renoncer fait partie de la souplesse à avoir avec les enfants. Ce petit interlude nous a permis de manger dans un village Hmong, cette fois-ci très très loin des circuits touristiques. Le chauffeur essayait de nous expliquer quelque chose dont nous n’avons rien compris. Nous avons commencé à nous inquiéter sur la destination quand il a pris une route non goudronnée dans la direction opposée à celle que nous étions sensés suivre. Nous sommes arrivés dans son village accueillis par des regards étonnés devant ce drôle de chargement. 4 heures plus tard, nous retrouvions la route de Luang Phabang, toujours dans notre petite benne, pour quelques 150 km de route de montagne.

Merci pour tous vos messages, que ce soit sur le blog ou par mail. Et bon courage pour la fin de l’hiver. « Rien ne dure toujours ».