A dos de vélos

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Friday 17 May 2013

Inattendu

Nous terminons notre périple turc avec le désir de revenir. Nous avons beaucoup aimé le mois passé ici, que ce soit les rencontres, les routes ou les paysages. Certes, les petites routes sont globalement en mauvais état, les aboiements des nombreux chiens remplacent les coqs Laos, on ne trouve pas de camping, l’appel à la prière à 5h du mat n’est pas toujours bienvenu (surtout quand il y a plusieurs mosquées et que les muezzins ne chantent pas en même temps, qu’on a déjà été réveillé plusieurs fois par les coudes de Zacharie, par les aboiements des chiens précédemment cités, ou par divers bruits selon l’originalité des campements). Mais ce n’est pas grave, on s’est régalé, malgré toujours quelques difficultés (pour être soft…) avec un de nos fistons, mais c’est une autre histoire !

Une fois de plus, nous avons bien senti la différence entre les endroits touristiques (bords de mer) et les autres, bien que la saison touristique n’ait pas commencé. Les traversées des villages et les petites routes de campagne sont toujours un enchantement : visages incroyables des vieux (hommes) aux terrasses des maisons de thé, nombreux sourires ou gestes amicaux, routes pavées, scènes d’un autre temps avec de vieilles carrioles tirées par des chevaux ; on a croisé énormément de bergers qui venaient souvent nous voir sur nos campements, on a même vu un troupeau de buffles conduit par un chameau ! et un gars à cheval. Dans un petit village de montagne, Véro a été invitée à boire le thé par une femme (Selisik à Yolculuklar) pendant que les garçons le prenaient au café ; elle avait un dictionnaire turc/anglais qui a permis de « discuter » pendant une bonne heure. Parfois, de simples gestes et mimiques permettent de communiquer, comme avec ce vieux comique qui nous « disait » qu’on serait mieux en voiture avec nos gosses, des lunettes de soleil sur le nez et les vélos dans le coffre.

Nous avons également fait de chouettes rencontres dans des lieux improbables avec quelques situations surréalistes. Nous avons campé un soir devant des résidences secondaires plutôt bourgeoises, lorsque nous avons rencontré Alper qui avait mille questions à nous poser, et chez qui nous avons pu nous doucher (pas du luxe). Nous avons dormi dans un jardin public surpeuplé à Kesan où nous avons rencontré Ali, Meriem et Omar avec qui nous avons partagé des Lahmacun (sorte de pizza) et le fameux Ayran (yaourt discrètement salé dont les turcs raffolent).

A Uzunköprü, nous avons dormi dans une cour d’école après avoir été escorté par la police et fait déplacer une partie des « huiles » de la ville ; le soir venu, Melek, rencontrée au commissariat, est venue avec son mari et sa fille discuter avec nous et nous apporter de délicieux Gözelme (feuilletés au fromage), nous proposant une douche que nous avons refusée (erreur fatale), pensant trouver un camping le lendemain après 1 semaine de camping sauvage. On apprend la toilette de chat dans les WC, ou à la fontaine publique devant la gare !

Nous avons décidé de traverser les montagnes bulgares en train pour rejoindre l’Eurovélo 6 en Roumanie, les enfants commençant sérieusement à fatiguer. Nous avons attendu une journée à la frontière, le camping annoncé n’existant pas une fois de plus. Nous avons bu un verre de vin avec un couple d’anglais très sympa avant de déplier les duvets dans le hall de la gare pour attendre le train à 3h du mat. Le départ a encore été épique. Il a fallu rentrer les vélos dans un compartiment couchette (facile avec le tandem !), mais grâce à la gentillesse des employés et moyennant un petit pourboire côté bulgare (…), tout s’est bien passé.
A la frontière nous avons quand même trouvé un hôtel pour se reposer un peu, enfin se laver et laver quelques affaires qui commençaient à tenir un peu debout toutes seules. La douche, le shampooing et le savon ont quand même tenté un délit de fuite, mais à quatre pour les contenir, ils n’avaient aucune chance…..

Et voilà, ça sent vraiment le retour, mais on en a plein les yeux, les oreilles, les papilles et les narines, heureux de ce qu’on a vécu, heureux aussi de rentrer à la maison et de retrouver Gabriel. Mais il nous reste encore quelques 3000 km et de beaux moments en perspective…

Sunday 28 April 2013

Que du bonheur

Nous quittons Kerem en espérant vivement le revoir, en France ou en Turquie. Le départ d’Istanbul se fait en bateau en direction de Bandirma, à 50km/h sur l’eau, avec une impression de décollage comme en avion (impressionnant).
Nous sortons de Bandirma pour nous engager sur des petites routes. Nous nous arrêtons dans une sorte de coop agricole (production de graines d’oignons) pour demander où planter la tente. On nous propose un appart à l’étage de la coop, sommaire mais parfait pour nous (un endroit de plus à la collection). Le lendemain matin, une femme nous apporte des énormes tartines (sorte de pain perdu) pour le petit dej…
En chemin, on se fait inviter à prendre le thé (une constance ici) par un médecin qui est en pause déjeuner dans le cabinet d’assurance de sa femme. Thé, jus d’orange et délicieux chocolats. Nous regardons tous ensemble le film qu’il a fait la veille lors d’un de ses périples en ULM. Il nous laisse son numéro de téléphone au cas où nous aurions un souci en Turquie…
La seconde nuit se passera dans un champ avec un magnifique coucher de soleil après un col sympa.
Les routes sont très belles, cabossées comme il faut, avec peu de circulation, de très grands espaces, du beau temps, de la chaleur juste bien, du vert, du jaune éclatant, un vrai ciel bleu, des chants d’oiseau (beaucoup de coucous, de tourterelles), l’odeur des pins…... Il ne manque qu’un bon crumble de Séverine... (elle comprendra) (en camping avec un réchaud à essence, c’est pas si simple). Les places des petits villages sont pleines de charme également. Il suffit de s’asseoir avec son Döner Kebab et de regarder les vieux siroter du thé. Attention les regards, quelle fierté ces turcs !
Le prochain bivouac se fera dans un tout petit village où presque tout le monde vient nous voir. Zacharie et Ulysse font un match de foot avec les enfants du village, on nous apporte salade, oignons, lait …
Le lendemain, alors que nous remplissons nos gourdes à une source dans un autre village, une personne nous apporte des crêpes au fromage et épinard, un délice… comment Manu va t’il maintenir sa ligne… surtout que les pâtisseries ne sont pas si chères, et caloriques à souhait…. Encore une nuit dans un champ et c’est l’arrivée à Bergama ; on se rend compte qu’on devient de plus en plus sauvage, et qu’on préfère les petits coins sauvages…
Demain ce sera visite de l’acropole et bains turques ensuite (faut quand même pas déco….)
Il fait 35°C, c’est tempête de ciel bleu, l’hospitalité turque n’est pas que légendaire, on reviendra c’est sûr ….

Istanbul

Déjà 2 semaines que nous avons décollé de Bangkok.
En sortant de l’aéroport à Istanbul, on retrouve le froid et la pluie ! Nous avons perdu 30° en 24h… La circulation est anarchique et dangereuse. Notre pire expérience depuis notre départ de France. On apprend de suite à se méfier des bus qui n’hésitent pas à vous faire des queux de poisson que même Manu n’oserait pas faire. L’atmosphère est complètement différente de ce qu’on a pu vivre en Asie du Sud-Est, globalement moins zen…
Pour le reste, que du bonheur : un accueil extraordinaire chez Kerem, incroyable warm shower. Nous étions hébergés chez lui en même temps que Amie (américaine), Olli (finlandais et compagnon de Amie) là depuis 3 semaines et Breadt (américano-britannique arrivé quelques jours avant nous), tous les 3 très sympas, également cyclo-voyageurs. Deux australiens et un suisse avaient quitté l’appart le matin de notre arrivée. Ce sont nos 3 compères qui nous ont accueillis car Kerem était au boulot !
Joëlle et Lionel nous ont fait un sacré cadeau en nous rejoignant pour le WE, avec 2 sacs à dos remplis de présents qui ont réjouis nos papilles (et des teeshirts pour faire plaisir à Youssef), en plus des petites douceurs des parents de Véro. Ils nous ont également apporté le soleil, ce qui nous a permis de visiter le vieil Istanbul avec de belles lumières. La mosquée bleue, Ste Sophie, la citerne basilique, la grande mosquée de Soliman le magnifique où nous avons pu assister à la prière, la magnifique petite mosquée de Sokollu Mehmet Pasa, le bazar égyptien, les pâtisseries (n’est-ce pas Joëlle ?!), le quartier de Galata jusqu’à Taskim. Nous avons mangé de délicieuses brochettes dans de minuscules restaurants. Le pain remplace le riz, les crudités remplacent les légumes cuits, et on retrouve le sucre et les graisses des pâtisseries, probablement responsables des formes généreuses des femmes d’un certain âge…
Nous sommes restés un jour de plus pour présenter notre voyage (en anglais traduit en turc !) à la demande des jeunes gérants d’un nouveau magasin de vélo orienté sur le cyclo-rando (notre première conférence avant certainement notre futur livre encyclopédique et notre film produit par Universal… !!!!!) Nous leur souhaitons une belle réussite.
Un peu de pub au passage : Le meilleur magasin de cyclo rando que l’on ait vu jusqu’à maintenant. On trouve de tout pour le voyage (vestimentaire-vélo-camping), ils sont revendeur Rohloff, parlent anglais….et sont super sympas….. que faire de mieux
Leur site : http://www.bisikletgezgini.com/english/
Et une fois de plus, il faut se séparer, de Olli, Amie et Breadt qui partent vers la Géorgie, de Kerem qui rêve de son futur voyage où il sera accueilli par tous les gens qu’il a hébergé, et de Joëlle et Lionel qui nous devancent un peu sur le chemin du retour.
Cap au sud pour Bergama.