A dos de vélos

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Thursday 14 March 2013

Laos suite et fin

Le passage à Louang Phabang nous a permis de retrouver Michel et Karin, un couple Belge que nous avions déjà croisé à Tad Lo et à Vientiane, et également un jeune couple américain rencontré à Vientiane et Vang Vieng.
Le monde du vélo est tout petit mais surtout, un tandem, un VTT avec une remorque, et un vélo enfant, le tout attaché ensemble n’est pas commun et se repère vite.
Luang Phabang est une ville très jolie, avec des arbres et des jardins partout. On y trouve de nombreux temples ; on a cependant l’impression que la population, en tous les cas dans les campagnes, pratique plus le culte des esprits que le bouddhisme. C’est également un endroit très chic et touristique, avec dans le nord de la ville des guest et hôtels somptueux.
Apres quelques jours passés là-bas, nous avons roulé pendant deux jours avec Michel et Karin en direction d’Oudomxai. Deux jours très sympas où nous avons campé dans la cour d’une école (première fois que nous ressortions la tente depuis notre arrivée en Asie ) et où les enfants ont profité (avec bonheur) de la compagnie d’autres personnes que leurs parents. Michel a longtemps travaillé à l’étranger ; c’était intéressant de discuter avec lui de l’évolution du pays (parti unique, corruption, défaillance de l’éducation, tourisme etc …).
Nous les avons quitté pour reprendre un minibus afin de passer 4 cols plutôt très durs sur une route en très mauvais état pour arriver à Oudomxai, une ville où 25% de la population est chinoise…
Le bus s’arrête dès qu’une personne lui fait signe. Il finit bondé et surchargé avec sur la fin une jeune fille sur les genoux des 2 passagers de devant, sympa …
Les 3 jours de route qui vont nous amener à Pakbeng seront magnifiques. Le profil est très cabossé, les paysages verts, boisés et calmes, les villages traversés très authentiques car quasiment aucun touriste ne s’arrête là. La douche se prend en plein air à l’unique point d’eau du village, les femmes filent le coton après la récolte et le tissent, on a le temps d’observer quelques moments de la vie quotidienne.
La concurrence pour l’hébergement est absente, donc « on prend ce qu’il y a et on ne fait pas les difficiles», en conclusion on dort dans des taudis, surtout le dernier…. où même Monsieur Propre ne veut plus aller car c’est beaucoup trop dangereux pour lui……
Le « Sabaidee » (= bonjour) des hordes d’enfants, prononcé Sabaideeeeeeeeeeeee qui traine en longueur, crié ou souvent hurlé, pendant ou après notre passage, est sympa et drôle les premiers temps, un peu moins dans une bosse où l’on cherche des forces et un peu d’air pour arriver jusqu’au sommet.
Les coqs….. Et dire que c’est l’emblème de la France…. Mais qu’est-ce que c’est con, un coq…. Moi qui croyais qu’ils chantaient uniquement au lever du jour… Non en fait ils chantent tout le temps à n’importe quelle heure du jour mais surtout DE LA NUIT en se répondant mutuellement à travers tout le village et parfois de villages en villages. J’ai souvent rêvé, la nuit, d’un de ces foutus coq au vin jaune (avec du riz, Asie oblige…..), le problème ici… c’est le vin jaune…..
Demain nous embarquons sur un Slow boat pendant une journée qui va nous emmener à la frontière thaïlandaise en empruntant le Mékong.

Friday 8 March 2013

Le Nord du Laos

Vientiane, capitale qui ne nous a pas vraiment séduits, même si on y a fait de belles rencontres, en particulier Karin et Michel de Belgique, et Pauline et Cédric qui nous ont gentiment proposé d’essayer leur tandem Pino (celui de devant est couché).
Le nombre de belles et grosses voitures est encore plus impressionnant que dans le reste du pays. D’après les dires des nombreux voyageurs qui sont déjà venus au Laos, le pays change à une vitesse astronomique avec l’argent du tourisme. Les chinois sont très présents, comme les Thaïlandais. Le Laos a d’ailleurs toujours subi l’influence de ses puissants voisins Vietnamiens, Thaïlandais et Chinois. A suivre…
Nous avons visité une expo sur différents appareillages et prothèses de membre dans un centre de rééducation ; les patients souffrent de malformations congénitales ou d’amputations suite à des accidents avec des engins explosifs. Le Laos a en effet été massivement bombardé par les américains pendant la guerre du Vietnam et le déminage n’est pas totalement terminé, bien qu’on ne voit pas partout des gens dramatiquement mutilés comme au Cambodge.
Nous avons surtout profité de ce temps pour prolonger notre visa Laotien et faire nos visas pour la Thaïlande. Nous avons en effet changé notre feuille de route initiale, pour plusieurs raisons, la principale étant les enfants. 1 an nomade à vélo avec des enfants (en tous les cas les nôtres) nécessite quelques adaptations et une certaine souplesse... Le prochain pays sera donc la Turquie via Bangkok et non la Chine, pour rejoindre ensuite l’Eurovélo6. Le plus important restant le regard que nous portons sur le chemin…
Nous avons continué notre route vers le nord, de plus en plus montagneux et de plus en plus beau.
Nous avons passé quelques jours à Vang Vieng, haut spot pour les touristes avides de bringues alcoolisées. La police est venue faire le ménage suite à de nombreux accidents mortels. Pas évident de savoir ce que les Laos pensent de tout ça ; ce qui est sûr, c’est que l’argent coule à flot dans ces lieux touristiques. Le Laos serait le pays d’Asie du SE ayant eu la plus forte croissance l’année dernière.
Voyager à vélo nous permet de voir autre chose, et de vivre des moments savoureux ! Comme les repas sur la route où l’on doit aller en cuisine montrer ce qu’on veut parce qu’il n’y a pas de menu ou qu’il est uniquement en Lao, ou prendre le plat unique. Sur le plan gustatif, tout est alors possible ! Ou encore une soirée karaoké avec que des mecs, volume sonore à fond comme toujours, et des chansons d’amour, comme toujours. On finit par connaitre les tubes du moment (tout le monde est sous le charme......).
Nous avons ceci dit passé de chouettes moments à Vang Vieng. Nous logions dans une auberge sympa tenue par un anglais qui a vécu en Nouvelle Zélande marié à une Lao, comme de nombreux occidentaux (des baroudeurs qui sont restés et qui se font parfois plumer par leur nouvelle compagne…). Nous avons fait une journée de kayak, avec visite d’une grotte dans de grosses bouées (tubbing) que les enfants ont adoré. Cerise sur la gâteau, TV 5 monde repassait « Les bronzés font du ski », surréaliste dans le hall de la Guest House !
Après Vang Vieng, nous avons continué vers le Nord en direction de Luang Phabang, pour finir dans la benne d’un petit camion Hyundai car un de nos fistons ne voulait plus avancer. Ceci dit il y avait ensuite 3 cols à passer ; renoncer fait partie de la souplesse à avoir avec les enfants. Ce petit interlude nous a permis de manger dans un village Hmong, cette fois-ci très très loin des circuits touristiques. Le chauffeur essayait de nous expliquer quelque chose dont nous n’avons rien compris. Nous avons commencé à nous inquiéter sur la destination quand il a pris une route non goudronnée dans la direction opposée à celle que nous étions sensés suivre. Nous sommes arrivés dans son village accueillis par des regards étonnés devant ce drôle de chargement. 4 heures plus tard, nous retrouvions la route de Luang Phabang, toujours dans notre petite benne, pour quelques 150 km de route de montagne.

Merci pour tous vos messages, que ce soit sur le blog ou par mail. Et bon courage pour la fin de l’hiver. « Rien ne dure toujours ».

Wednesday 27 February 2013

Boloven - Vientiane

On a quitté le plateau des Boloven (l’endroit des cascades et des plantations de café– pour les photos, regardez le billet envoyé à notre école) où nous étions dans un coin splendide avec des Israéliens super sympas. Nous avons quitté Pakse (Guest house au bord de l’eau). Puis nous avons pris un bus pour Vientiane. Les vélos étaient sur le toit. À toutes les heures les gens venaient vendre des brochettes de poulet, de l’eau et du riz collant. Toutes les places étaient prises mais les gens continuaient à monter pour ensuite s’assoir sur les tabourets. Il y avait le volume de la télé au maximum. Il y avait tout le temps du bruit. On ne pouvait pas dormir. Il faisait très chaud. Nous sommes arrivés à 1 du matin après 17h de bus pour environ 600 km. Heureusement, on a trouvé un endroit pour dormir (un hôtel chinois).

Zacharie

Friday 8 February 2013

Passage à vide

Pour être honnête, il y a des jours où on se prend à rêver d’être à la maison devant un feu de cheminée après une belle journée de ski …

Emmanuel et moi avons eu la dengue, ce qui nous a bien « calmé » physiquement pendant une semaine, sans parler de la fatigue résiduelle. Nous avons perdu quelques kilos, j’en avais pas forcément besoin mais l’objectif d’une silhouette svelte est parfaitement atteint pour Manu ! Nous étions heureusement dans un endroit sympa où de jeunes français se sont un peu occupés des enfants. On se serait cependant bien passés de payer la tablette informatique de Raphaelle qu’Ulysse a fait tomber par terre… Il y a des jours…

La température extérieure ne cesse d’augmenter avec des pointes à 45°-46°C en milieu de journée, et ne redescend pas vite le soir. On dégouline dès le début de matinée, avec l’impression d’être collés au macadam… Les routes sont souvent sans intérêt, les paysages grillés par le soleil.

Comme les bonnes choses n’arrivent jamais seules, Zacharie a eu plusieurs gros coups de blues et voulait « tout de suite maintenant » un billet d’avion pour rejoindre ses grands-parents, ses copains et son école parce que ses 2 enseignants cette année sont vraiment trop nuls. Je ne sais pas de qui il tient ce regard noir et cet entêtement !

Pour qu’il n’y ait pas de jaloux, j’en ai profité moi aussi pour me faire une bonne petite remise en question, domaine dans lequel malheureusement j’excelle. Ceux qui me connaissent bien souriront…

Voilà, c’est juste une petite note d’humour noir pour vous confirmer, au cas où vous en douteriez, que nous sommes certes en voyage mais bien dans le fil de la vie. Nous venons de rencontrer une autre famille, dont les parents sont de vrais baroudeurs dans l’âme, auteurs d’un bouquin « L’échappée belle » que j’ai adoré (merci Delph). On parlait de ces moments de découragement et Dominique a eu cette chouette réparti sur la liberté que procure le voyage, qu’il convient de savourer sans modération.

On est actuellement à Pakse, toujours dans le sud du Laos, où on s’est offert une sympathique séance de massage, un repas indien qui a ravi nos papilles après 1 mois de Fried Rice, et … d’excellents pains au chocolat ! On part demain dans les montagnes, sur le plateau des Boloven, où on devrait trouver un peu plus de vert et de frais…

Friday 25 January 2013

Don Det

Apres le passage de la frontière, sous une chaleur torride, on passe notre première nuit au Laos à côté des chutes de Khon Phapheng pour pouvoir aller y jeter un œil le lendemain. On prendra ensuite la direction de l’ile de Don Det sur le Mekong.

Le transport se fait sur une sorte de grosse pirogue à moteur et les autres passagers ouvrent des yeux ahuris quand ils voient les vélos, la remorque et le tandem…



C’est la région des 4000 îles, et si on part du principe que pour être une île il faut pouvoir tenir debout, alors les 4000 îles sont tout à fait possibles. On trouve une Guest House qui loue des petites baraques avec terrasses et hamac, directement sur le Mékong, comme il en existe des dizaines sur cette île très (trop) touristique.

Le confort est sommaire, mais c’est très bien, très calme, et très tranquille. Les sanitaires sont en commun, et Manu pense à ses élèves du lycée quand il va au WC car il a oublié de leur parler du système de chasse d’eau que l’on peut voir ici : La casserole et la poubelle comme réservoir. Avantages : Economique, très fiable et efficace Inconvénients : demande de l’espace, look contestable si matériel bas de gamme (mais on peut se faire une déco sur la poubelle et la casserole !!!!)

On se sent en vacances, on se laisse bercer au rythme du fleuve et des petites embarcations qui passent, le tout dans le hamac avec un bon livre…. Il y a pire …..

Les enfants peuvent se baigner (si si….), faire du bateau avec les enfants des proprios, trainer au lit pour Zacharie, apprendre à jouer au Tarot, et accessoirement conjuguer le verbe travailler ou manier les nombres décimaux…