Nous descendons donc du train à Giurgiu dans une ville frontière. Une gare fantôme entièrement délabrée. Le ton est donné….

En arrivant de Turquie, le contraste est saisissant. Nous partons donc dès le début avec pas mal d’à priori, et l’accueil au premier hôtel ne va pas tout de suite nous faire changer d’avis.

On est d’emblée frappé par le nombre de vélos et de carrioles tirées par des chevaux : plus nombreux que les voitures ! Les gens sur notre début de parcours sont peu accueillants (voir même déplaisants), les villages sont tristes, beaucoup de gens sont assis sur le devant de leur maison et regardent la journée s’écouler au rythme des heures qui passent. Il y a beaucoup de belles maisons délabrées et d’usines désaffectées.

Plus nous allons aller vers l’ouest et plus l’atmosphère va se « détendre ».

Nous avons passé une première nuit dans un monastère orthodoxe et ensuite deux « chez l’habitant » où nous avons rencontré Mihaela et sa famille et ensuite Helena.

Chez Mihaela, on va comprendre que la Roumanie est en crise (et gravement), que les gens ont été formaté par trop d’année de communisme et de dictature et que cette empreinte est encore forte. Elle nous explique également que les Roumains souffrent d’être assimilés aux gens du voyage. D’ailleurs les sœurs du monastère ont eu peur en nous voyant arriver, la mère supérieure a demandé à voir nos passeports et on a compris quand le Padre nous a demandé le lendemain si on était des gens du voyage. Une fois rassurés, l’accueil a été charmant !

Helena va nous accueillir chez elle, nous sortir une nappe, de vraies assiettes et des draps qui sentent bons… Elle fera même notre vaisselle et nous proposera de passer nos vêtements au lave-linge, la gentillesse à l’état pur.

Ces accueils se feront avec une contribution financière (sauf le monastère), mais vu les besoins, c’est plutôt un coup de main …. Les gens parlent peu anglais, Mihaela parle espagnol car son mari a travaillé un temps en Espagne et le roumain ressemble un peu à l’italien, parlé par Helena car ses 2 filles vivent en Italie. Après avoir essayé de se remettre à l’allemand en Turquie, on finit par faire de drôles de mélanges !

Les routes sont monotones avec des champs cultivés à perte de vue et en plus le vent en pleine face, comme d’habitude, 2ème plaie du cycliste après les moustiques des bivouacs.



Nous rencontrons un français de 24 ans venu s’établir ici 5 ans plus tôt ans pour créer une exploitation agricole de 20 000 hectares (la plus grosse du secteur est de 70 000 hectares !et tenue par un Roumain). La plupart des gros exploitants de la région ne sont pas roumains. Il nous dit qu’ils n’ont pas bien envie de travailler et préfèrent rester cultiver le peu de terre qu’ils ont, en étant pas riches mais pas stressés. Il nous rassure sur le camping sauvage en nous disant que les gens ne vont pas nous attaquer mais qu’il ne faut pas laisser d’affaires sans surveillance…. On ne comprend pas bien pourquoi l’Europe a intégré ce pays (idem pour la Bulgarie), peut-être pour les immenses champs de céréales qui sont plantés ici.

Nous quittons la Roumanie après seulement 1 semaine de route entre Giurgu et Calafat, forcément insuffisant pour vraiment découvrir ce pays. Nous traversons le Danube sous un orage incroyable, et passons en Bulgarie pour une cinquantaine de km. La Bulgarie paraît encore plus pauvre, les rares villages traversés semblent avoir été quasiment abandonnés.

Puis nous arrivons en Serbie à Negotin. Suite au prochain épisode…

Plus on se rapproche de la maison et plus le climat change vers le moins bien... crotte de crotte...